Football, hockey : quels sont les clubs sportifs les plus riches de Suisse ?
FC Bâle, Young Boys, ZSC Lions, Lausanne HC, Fribourg-Gottéron… Quels clubs disposent réellement des plus gros moyens financiers du sport suisse ? Le football domine lorsqu’on regarde les comptes globaux, mais le hockey sur glace reste une véritable puissance économique en Suisse.
En Suisse, parler du « budget » d’un club sportif est moins simple qu’il n’y paraît. Certains clubs publient leurs charges totales, d’autres leur chiffre d’affaires ou uniquement le budget consacré à leur première équipe.
Les comparaisons entre football et hockey doivent donc être prises avec précaution.
Une chose apparaît néanmoins clairement : les deux grandes puissances économiques du sport de clubs en Suisse sont le football et le hockey sur glace, très loin devant le basketball ou le handball.
Football : Bâle et Young Boys dans une autre dimension
Les dernières données financières standardisées publiées pour les clubs de Super League permettent de comparer leurs charges d’exploitation, hors transferts de joueurs.
Et les montants sont impressionnants.
Les plus gros budgets d’exploitation du football suisse
- BSC Young Boys : environ 74,0 millions de francs
- FC Bâle : environ 71,9 millions
- FC Saint-Gall : environ 40,9 millions
- Servette FC : environ 36,8 millions
- Lausanne-Sport : environ 36,3 millions
- FC Lugano : environ 34,0 millions
- FC Zurich : environ 30,6 millions
- FC Lucerne : environ 27,9 millions
- Grasshopper : environ 25,8 millions
- FC Sion : environ 20,9 millions
- FC Thoune : environ 16,1 millions
Ces chiffres correspondent aux charges d’exploitation hors transferts et permettent donc une comparaison plus pertinente que le simple chiffre d’affaires.
Ils montrent surtout le fossé séparant actuellement Young Boys et le FC Bâle du reste du football suisse.
Source : Swiss Football League / informations financières des clubs pour la procédure de licence UEFA 2025.
Le FC Bâle dépasse même les 100 millions de revenus
Si l’on prend non plus les dépenses courantes mais l’ensemble des revenus, les chiffres deviennent encore plus spectaculaires.
En 2025, le FC Bâle a enregistré 101,9 millions de francs de recettes pour 95,3 millions de dépenses en intégrant notamment l’activité liée aux transferts.
Les seuls frais de personnel ont atteint environ 39,6 millions de francs.
Les transferts ont rapporté 35,1 millions au club bâlois, tandis que les recettes liées aux matchs ont atteint 19,3 millions.
Source : comptes annuels du FC Bâle, données relayées par Blick.
Young Boys évolue également dans cette catégorie. Le club bernois a terminé l’exercice 2025 avec un bénéfice de 2,8 millions de francs. Son modèle économique bénéficie notamment des compétitions européennes, des transferts et de l’exploitation du Wankdorf.
Attention toutefois : YB intègre également dans ses comptes l’organisation du stade et, depuis 2025, les activités de YB Gastro. Le club lui-même précise que les comparaisons directes avec les autres équipes doivent être effectuées avec prudence.
Source : BSC Young Boys, résultats financiers 2025.
Le football suisse représente une véritable industrie
Ces montants ne concernent d’ailleurs pas seulement quelques grands clubs.
Une étude consacrée à l’impact économique du football professionnel suisse a estimé que la seule Super League générait 1,29 milliard de francs de chiffre d’affaires économique et 665 millions de valeur ajoutée durant la saison 2024/2025.
Servette, par exemple, aurait généré à lui seul environ 84 millions de francs de chiffre d’affaires économique autour de ses activités lors de cette saison.
Sources : étude sur la valeur économique du football professionnel suisse / Swiss Football League / Servette FC.
Hockey sur glace : des budgets moins élevés, mais une puissance unique en Europe
Le classement devient beaucoup plus compliqué lorsqu’on passe au hockey sur glace.
Contrairement à la Swiss Football League, la National League ne publie pas un tableau financier standardisé permettant de comparer précisément les dépenses des 14 clubs.
Les chiffres disponibles montrent néanmoins que les principales organisations de National League évoluent dans une fourchette de plusieurs dizaines de millions de francs lorsqu’on considère l’ensemble de leurs activités.
Parmi les puissances économiques du championnat figurent notamment les ZSC Lions, le SC Berne, le Lausanne HC, EV Zoug, Fribourg-Gottéron, le HC Davos, Lugano et Genève-Servette.
Il serait toutefois trompeur d’attribuer à chacun un budget précis sans disposer de comptes construits selon le même périmètre.
Le HC Davos génère environ 34 millions
Le cas du HC Davos permet de mesurer la puissance économique du hockey suisse.
L’organisation grisonne génère un chiffre d’affaires global de l’ordre de 34 millions de francs, notamment grâce au HC Davos mais aussi à la Coupe Spengler.
La Coupe Spengler représente elle-même une activité économique considérable : son budget a déjà été chiffré à environ 11 millions de francs.
Cela explique pourquoi comparer directement « le budget du HCD » à celui d’un club de football peut être trompeur.
Source : données économiques du HC Davos et de la Coupe Spengler, notamment relayées par Watson.
Les ZSC Lions investissent 5,5 millions rien que dans la relève
Autre indication impressionnante : Zurich investit des montants que peu de clubs européens peuvent consacrer à la formation.
Les ZSC Lions indiquaient récemment un budget consacré à leur mouvement junior atteignant près de 5,5 millions de francs.
L’organisation zurichoise compte près de 1700 joueurs et joueuses répartis dans 79 équipes.
Ce chiffre ne concerne donc même pas l’équipe professionnelle des ZSC Lions : il s’agit uniquement de l’investissement dans la formation.
Source : ZSC Lions, publication officielle du club.
Fribourg-Gottéron dépasse désormais 3 millions pour ses juniors
Le champion de Suisse Fribourg-Gottéron continue lui aussi de grandir.
Pour la saison 2026/2027, le club annonce plus de 3 millions de francs consacrés à son mouvement junior, un record dans son histoire.
Son équipe féminine dispose parallèlement d’un budget d’environ 450’000 francs.
Ces investissements donnent une idée de la taille atteinte aujourd’hui par les principales organisations de National League.
Source : Fribourg-Gottéron, conférence de presse 2026/2027.
Même Ajoie approche les 15 millions
L’un des chiffres les plus révélateurs concerne paradoxalement l’un des plus petits marchés de National League.
Lorsqu’une éventuelle promotion du HC Viège était étudiée en 2025, son dirigeant Sébastien Pico estimait qu’environ 11 millions de francs seraient nécessaires pour débuter dans l’élite.
Le budget du HC Ajoie était alors présenté comme se rapprochant des 15 millions de francs.
Cela montre à quel point les exigences financières de la National League ont augmenté.
Source : déclarations de Sébastien Pico relayées par SwissHabs.
Football contre hockey : qui est réellement le plus riche ?
Si l’on considère l’ensemble des comptes des plus grandes organisations, le football gagne clairement la bataille des millions.
Le FC Bâle peut dépasser 100 millions de francs de revenus annuels et Young Boys évolue également à un niveau inaccessible aux clubs de hockey suisses.
Mais le hockey possède une particularité remarquable.
Rapportée à la taille du pays, la puissance économique de la National League est exceptionnelle. Plusieurs clubs disposent d’importantes infrastructures, de milliers d’abonnés, de secteurs VIP très développés et d’organisations professionnelles comptant des dizaines d’équipes.
La Suisse possède ainsi deux véritables industries du sport professionnel : le football et le hockey sur glace.
Et le basketball et le handball ?
Le changement d’échelle est spectaculaire.
En basketball, Fribourg Olympic reste la référence sportive suisse. Les derniers chiffres publics facilement comparables plaçaient le budget de sa première équipe autour de 1,3 million de francs, contre environ un million pour les Lions de Genève.
Ces chiffres sont cependant plus anciens et ne doivent pas être présentés comme les budgets actuels 2026/2027.
Source : données des clubs relayées par Watson.
Le constat est similaire en handball.
Le HC Kriens-Luzern disposait déjà d’environ 2 millions de francs pour sa première équipe au début des années 2020, un montant considéré comme particulièrement élevé pour le handball suisse.
À titre de comparaison, l’ensemble de la Fédération suisse de handball prévoit près de 10,2 millions de francs de recettes pour l’exercice 2026/2027.
Autrement dit, le budget de toute la fédération nationale de handball représente une fraction de l’activité annuelle d’un FC Bâle.
Source : Fédération suisse de handball.
Et le golf suisse ?
Le golf fonctionne selon un modèle complètement différent.
Les meilleurs golfeurs suisses évoluent individuellement sur les circuits professionnels internationaux et les clubs suisses sont principalement des structures exploitant des parcours et accueillant leurs membres.
Il n’existe donc pas réellement de « club professionnel suisse de golf » comparable au FC Bâle, à Young Boys ou aux ZSC Lions.
Intégrer les clubs de golf à ce classement n’aurait ainsi que peu de sens.
Quels sont finalement les clubs les plus riches de Suisse ?
Établir un classement absolu reste délicat puisque les clubs ne publient pas tous leurs comptes selon les mêmes critères.
Mais plusieurs noms se détachent clairement.
Dans le football, Young Boys et le FC Bâle sont aujourd’hui les deux géants financiers, devant Saint-Gall et un groupe comprenant Servette, Lausanne-Sport et Lugano.
Dans le hockey, ZSC Lions, SC Berne, Lausanne HC, EV Zoug, Fribourg-Gottéron, Davos, Lugano et Genève-Servette appartiennent aux organisations capables de mobiliser les moyens les plus importants.
Et derrière ces deux sports, l’écart est énorme.
Un club suisse de basketball ou de handball qui dispose de 1 à 3 millions de francs pour son équipe professionnelle fait déjà partie des structures les plus ambitieuses de sa discipline.
Le football compte donc les clubs les plus riches de Suisse. Mais en proportion de la population et de la taille du pays, la puissance financière du hockey sur glace suisse reste probablement le phénomène le plus remarquable.
